La résistance

Enfin, il existait une autre sorte de propagande : la propagande de la résistance.

Une partie de cette propagande se diffusait au travers des journaux clandestins. En effet, pendant l'Occupation, les journaux officiels étaient soumis à la censure, à la propagande et contrôlés par les Allemands. C'est pourquoi beaucoup de mouvements de résistance diffusaient leur propre journal clandestin qui n'était souvent constitué que d'un feuillet de quelques pages car les matières premières (papiers, encre) étaient peu disponibles et que les machines à écrire avaient été saisies. Il fallait donc disposer de machines à imprimer spéciales. La diffusion se faisait le plus souvent en passant le journal de mains en mains ou par la livraison à domicile. Nous pouvons citer quelque noms des journaux les plus populaires tels que Défense de la France, Libération ou encore Franc-Tireur et Combat.

Voici un extrait de Une du journal Combat dans lequel on raconte l'avancement de la guerre et la progression des allemands aux résistants.

Dans cet l'extrait de journal ci dessous, le Front National pour la libération de la
France incite les Français à se rebeller contre le régime de Vichy
notamment en défilant dans les rues avec le drapeau tricolore et en
faisant des dons au secours populaire pour les familles dont un membre
est emprisonné, ou encore en fleurissant les monuments aux morts et en
chantant la Marseillaise.

Dans de rares cas, nous avons pu trouver des textes personnels (tels que des poèmes) permettant à leurs auteurs d'afficher leurs opinions et parfois de rallier à leur cause quelques personnes.

 

Ce poème aux apparences collaborationnistes est en réalité un poème de la Résistance.
Il a été fait par un auteur anonyme et si on le lit dans son intégralité, l'auteur semble adhérer aux idéaux nazis.
Cependant, on remarque une démarcation au milieu. Si l'on procède alors à une lecture en deux parties (en lisant la partie de gauche, puis celle de droite), on remarque alors que ce poème est en réalité un poème écrit par un résistant dans lequel il clame la victoire proche de l'Angleterre et donc des Alliées et la fin du nazisme d'Hitler.

 

 

De plus, dans l'affiche ci-contre, le général De Gaulle fait appel à l'esprit patriotique des Français. Bien qu'il avoue que certains gouvernants de la résistance ont capitulé et font maintenant parti de la collaboration, il demande au Français de garder le courage, l'espoir. Il leur demande aussi d'être actif et d'accepter de parfois se sacrifier pour le bien collectif. Sur cette affiche, on voit se détacher le slogan « Vive la France » par le biais duquel le général montre lui-même son patriotisme et sa fidélité envers les Français, ce qui accentuera l'envie de la population de se joindre au mouvement de la Résistance.


 

 

 

 

Sur cette affiche, les mots « sabotent », «assassinent», « trahissent » et « veulent » participent à la dénonciation des agissements des allemands. En effet, on explique ici que les troupes allemandes qui contrôlent la France de Vichy sont injustes, traîtres et qu'ils tuent pour leur plaisir personnel.

 

 

 

 

       Bien que l'on relève de nombreuses affiches et journaux de propagande, la majeure partie de la propagande de la résistance ce fit depuis Londres via la radio.

  En effet, la radio fut pendant toute la guerre une arme de propagande fondamentale, considérée comme l'outil de propagande le plus efficace. La censure ayant vidé les journaux et la radio de toute information critique, c'est du coté de la BBC que les Français vont se tourner afin de connaître chaque soir les réalités de la guerre et son avancement ainsi que pour écouter des émissions en toutes langues qui leur permettaient de garder espoir.

Cette méthode de propagande fut autant utilisée par le camp de l'Axe que par celui des alliés. Du coté de
 l'Axe, on détache principalement Radio-Paris qui affichait ses idéaux collaborationnistes ou encore qui dénonçait les communistes, anglo-saxons et résistants. Wiliam Joyce ( un Américain d'origine nord-irlandaise) anima par exemple des émissions de propagande pro allemande à destination du Royaume-Uni.

De Gaule ayant compris que c'était la radio qui allait remettre la France en guerre déclara la « guerre des mots ». C'était lorsque Radio-Paris cessait d'émettre la nuit (afin de ne pas guider de bombardiers anglais) que Radio-Londres (une section Française de la BBC) pouvait émettre. Dès le mois de juin 1940, les Anglais s'engagèrent donc à diffuser une émission quotidienne en Français à destination du continent. Chaque émission se composait de 3 parties :

- Les nouvelles écrites par les Anglais et lues en Français.

- « Honneur et Patrie » (auparavant nommée « Émission de la France libre ») lors de laquelle s'exprimait le plus souvent Maurice Schumann, porte-parole de la France libre, et parfois même le général De Gaule.

- « Les Français parlent aux Français » dans laquelle étaient regroupés éditoriaux, analyses ainsi que slogans, refrains satiriques et marches militaires qui étaient destinés à attaquer le camp adverse. Un des slogans les plus connus était le suivant : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand ». Nous pouvons aussi citer l'émission antinazie de Thomas Mann (écrivain allemand exilé en Suisse puis aux États-Unis) qui joutait avec Goebbels par-delà l'Atlantique.

Bien que Radio-Paris et la BBC étaient les seules à disposer d'émetteurs suffisamment puissants pour couvrir l'ensemble du territoire Français,
certains auditeurs Français réussirent à capter de nombreuses autres radios telles que Radio-Nationale ou Radio-Luxembourg. Pour obtenir des
informations plus objectives, certains Français se tournèrent même vers Radio-Sottens, une radio suisse.

Cependant, les ondes radios étaient très surveillées par l'Occupation comme nous pouvons le voir dans le tract émis par les Forces Françaises
Libres ci-dessous :

Dans ce tract, les Forces Françaises Libres demandent aux auditeurs Français la plus grande discrétion lorsqu'ils écoutent la radio et de ne parler des nouvelles venues d'Angleterre qu'aux personnes sûres et dignes de confiance.

C'est pourquoi De Gaulle, à partir de l'été 1941 instaura un système de messages codés. Le célèbre message « Les carottes sont cuites » a notamment servi de code pour déclencher des actions ou opérations dans les territoires occupés par l'Allemagne. C'est ainsi que se prépara le débarquement.

En effet, après avoir homologué les terrains, la Résistance depuis Londres leur donnait des noms de code, puis le soir prévu pour le parachutage, Radio-Londres avertissait les intéressés par un message que seuls quelques-uns connaissaient. En voici quelques exemples :

 

Bien que les allemands aient conscience de l'existence de la radio de la Résistance, celle-ci constitua le meilleur moyen de propagande car il permettait, tout en redonnant l'espoir aux population, de les amener à ce révolter contre le pouvoir nazi et d'aller jusqu'à participer à la guerre en préparant le terrain pour le débarquement futur qui libérera la France.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site